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Cheb Khaled offre un concert controversé en Arabie Saoudite

Écrit par le 12/12/2017

Temps de lecture : 2 minutes et 2 secondes

Ce n’est plus une nouvelle : la très fermée et conservatrice Arabie Saoudite est en train de, peu à peu, s’ouvrir au monde.

Sous le règne de Mohamed Ben Salman, de profonds changements culturels, sociétaux et idéologiques viennent teinter le pays d’un dynamisme nouveau. L’avènement d’une Arabie plus laïque, se libérant du carcan du conservatisme religieux extrême, se caractérise en partie par ce qui semblait quelques années plus tôt du domaine de l’imagination. En effet, le 14 décembre, Jeddah sera le théâtre du « plus important événement artistique de l’année 2017 », selon les médias Saoudiens : un concert du célèbre chanteur de raï Cheb Khaled, accompagné du rappeur américain Nelly.

 

Cheb Khaled, un artiste suivi de sa réputation

On ne présente plus Cheb Khaled, dont la popularité est internationale. Le chanteur multi-instrumentiste de raï algérien a été à l’origine de monuments de la musique arabe des années 90. Le morceau Didi, premier vecteur de son succès, a connu une notoriété fulgurante dans les pays arabophones, mais également dans le monde entier. Ce fut le cas ensuite du morceau Aicha, qui eu pour effet de finir de sceller l’artiste dans les annales de la musique algérienne.

 

 

Cheb Khaled a été récompensé à plusieurs reprises, et, au cours de sa carrière, a vendu plus de 80.5 millions d’albums à travers le monde. Cette ascension lui a valu le titre de Roi du Raï, et c’est donc avec grand enthousiasme qu’il devrait être accueilli lors du concert du 14 décembre.

Si l’événement fait plaisir à certains, le sujet reste encore fortement polémique. Les voix s’élèvent contre l’initiative de Mohamed Ben Salman qui voulait pourtant inscrire son pays dans une nouvelle ère de modernisme. Les arguments religieux fusent, les conservateurs s’opposent à l’audacieux projet de faire jouer Cheb Khaled sur la scène Saoudienne, la pratique étant considérée « haram ».

Au-delà de la volonté de moderniser son pays, le monarque saoudien pourrait également avoir comme ambition de le rendre attractif et de l’ouvrir au tourisme. Ceci entraînerait une nouvelle dynamique économique en cas de chute du monopôle pétrolier.

 

La route vers l’égalité homme-femme reste encore longue

Il est aussi à noter que l’ouverture du pays reste relative, et se fera étape par étape, comme en témoigne la règle en vigueur sur les lieux du concert : pas de femmes, pas d’enfants de moins de 12 ans. L’évènement est réservé à un public strictement masculin, marquant une fois de plus le long chemin restant à parcourir pour pouvoir prétendre à une égalité homme-femme. En outre, un concert ouvert à un public exclusivement féminin fut organisé par l’Autorité du divertissement le 29 novembre. L’intégration des femmes dans la vie active reste un sujet fortement sensible, en Arabie Saoudite ainsi que dans une majeure partie du monde arabe. Mais l’éloignement progressif des autorités religieuses pourrait, un jour, laisser entrevoir une redéfinition de la place féminine dans la société musulmane.

Visiblement, la route est encore longue pour l’Arabie Saoudite, mais l’audacieux projet témoigne d’une volonté de s’ouvrir, de se moderniser et de se désenchaîner de l’obscurantisme religieux oppressant qui enclave le pays. Les mentalités évoluent, et ce premier concert sera peut-être le pionnier d’une ère nouvelle de libération culturelle, entraînant la mise en place de nombreux autres événements dans sa frénésie.

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