Warda Al Jazairia, la rose algérienne

Écrit par le 01/01/2018

Warda Al Jazairia, de son vrai nom Warda Ftouki, est une chanteuse algérienne née le 22 juillet 1939 à Puteaux, en région parisienne, et décédée le 17 mai 2012 au Caire en Égypte. Après avoir effectué ses débuts dans sa ville de naissance, elle poursuit sa carrière au Liban puis en Égypte. Son répertoire est riche de plus de 300 chansons, dont beaucoup de chansons sentimentales mais aussi des chants patriotiques en faveur de la cause algérienne. Son succès lui vaut d’être considérée comme la diva de la musique arabe.

Des débuts tourmentés

Née d’un père algérien et d’une mère libanaise, Warda voit le jour vers Paris ; elle est la cadette d’une famille de cinq enfants. Elle se lance dans la chanson dans les années 1950, au sein d’un cabaret dont son père est propriétaire, le Tam Tam, lequel reçoit de nombreuses vedettes de la chanson arabe. Elle enregistre son premier disque pour Pathé-Marconi, le label sur lequel était signée notamment Edith Piaf. Mais en 1956, suite aux débuts de la guerre d’Algérie, l’établissement de son père est fermé après que les autorités y ont découvert des armes destinées au FLN. Toute la famille est expulsée. Et Warda Al Jazairia perd sa mère avant même d’arriver à Beyrouth. Elle va chanter dans les cabarets de la capitale du Liban. En 1959, elle rencontre le compositeur Mohammed Abdel Wahab qui lui enseigne le chant classique. Elle enregistre alors Al Watan Al Akbar, une chanson du célèbre compositeur égyptien écrite pour un opéra panarabe. Son père décède en 1961. Suite à l’indépendance du pays, elle se rend en Algérie, où elle épouse un officier qui lui intime de cesser de chanter. Pendant une dizaine d’années, elle met sa carrière entre parenthèse, se consacrant à leurs deux enfants : une fille Widad et un garçon Riyad.

Le retour à la chanson

Mais en 1972, le président Houari Boumédiène lui demande de participer à la commémoration du dixième anniversaire de l’indépendance du pays. Elle se produit donc à Alger en compagnie d’un orchestre égyptien. Elle décide alors de reprendre sa carrière de chanteuse algérienne, ce qui occasionne un divorce par consentement mutuel. Elle revient vivre en Égypte, où elle épouse le compositeur Baligh Hamdi. Sa grande popularité lui permet de travailler avec des compositeurs arabes de talent comme Hilmi Bakr, Sadok Thraya, Mohammed Abdel Wahab, Riadh Sombati, Mohammed Al-Mougui ou encore Sayed Mekawi. En 1979, Warda se rend en France pour donner un récital de musique arabe à l’Olympia.

Une fin de carrière en dents de scie

En 1990, Warda divorce de son second époux. L’apparition de nouveaux styles musicaux relèguent sa carrière de chanteuse algérienne au second plan. Elle revient cependant sur le devant de la scène de la musique arabe en chantant des titres du compositeur Salah Charnoubi, Mais des soucis de santé l’accablent ; elle subit à quelques années d’intervalle une opération du cœur et une greffe du foie. Elle enregistre son dernier album studio en 2001. Sa carrière n’est cependant pas finie pour autant ; elle se produit dans des festivals au Liban, donne des concerts en Algérie mais aussi au Maroc. Elle meurt au Caire d’un arrêt cardiaque.

Une « rose algérienne »

Les grandes qualités de son chant lui valent le surnom de rose algérienne. Selon le musicologue Daniel Caux, Warda réunit l’ensemble des qualités indispensables à une chanteuse de musique arabe : justesse de l’intonation, sens du rythme, maîtrise des nuances, alliant puissance et délicatesse. Elle est connue à travers tout le monde arabe, véritable diva de chanson arabe.

 

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