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Oum Kalthoum, une voix de légende

Écrit par le 08/12/2017

Temps de lecture : 2 minutes et 11 secondes

Véritable légende de la musique arabe classique, Oum Kalthoum est une artiste égyptienne à la voix exceptionnelle dont on dit que même Maria Callas était admirative. Véritable icône du monde arabe, la chanteuse, qui fut aussi musicienne et actrice, a su se construire, en plus de 50 ans de carrière, l’image d’une artiste complète mais aussi engagée.

Une jeunesse marquée par le chant

Dernière d’une fratrie de trois enfants, la future diva voit le jour à une date indéterminée, comprise entre le 18 décembre 1898 et le 4 mai 1904 (date officielle), à Tmaïe El Zahayira, un village situé au nord du Caire. Dans ce foyer modeste, la jeune fille s’initie très tôt à l’art du chant grâce à son père, imam, qui dirige un petit chœur d’enfants. Cependant, le don de la jeune fille est tel qu’elle rejoint rapidement, déguisée en garçon, les autres chanteurs. Grâce à sa voix forte et vibrante, le succès est immédiat et il fait d’elle une véritable célébrité locale.

Une rencontre déterminante

En 1920, Oum Kalthoum rencontre deux célèbres artistes, Cheikh Abou El Ala Mohamed et Zakaria Ahmed. Le chanteur et le musicien l’invitent à se produire avec eux dans de petits théâtres du Caire. Elle fait alors ses débuts dans la capitale, toujours sous les traits d’un garçon les premiers temps. Cependant, la fréquentations du milieu artistique cairote initie la jeune fille à la culture et elle s’éduque au contact des musiciens, améliore sa technique vocale, apprend l’arabe littéraire et va jusqu’à explorer, avec le poète Ahmed Rami, les arcanes de la littérature française. Rapidement, la jeune chanteuse se produit dans des salles de plus en plus grandes et devant un public de plus en plus nombreux.

 

L’âge d’or d’une chanteuse engagée

En 1932, la chanteuse entreprend une tournée qui l’amène à sillonner les routes d’Orient en passant par Tunis, Bagdad, Damas, Beyrouth ou encore Tripoli. Le succès est considérable et son style évolue. Elle délaisse le répertoire austère de son père pour des chansons d’amour plus élégantes et spécialement écrites pour elle. Elle garde cependant un véritable attachement pour la musique arabe traditionnelle. Elle est ainsi invitée à chanter pour le Roi Farouk mais aussi pour Nasser, après le renversement de la monarchie en 1952. Elle devient même une amie et un fidèle soutien du nouveau président égyptien. A partir de 1954, elle donne un concert par mois, diffusé en direct par la radio égyptienne, dont on raconte qu’ils vidaient littéralement les rues du Caire et qui étaient suivis par un discours de Nasser. Elle s’intéresse aussi au sort des plus démunis et gagne le surnom de « Cantatrice du peuple » en aidant financièrement de nombreuses familles pauvres.

Une aura et un héritage immenses

Atteinte d’une maladie des reins, celle qui fut reconnue de son vivant comme la plus grande chanteuse du Moyen-Orient donne son dernier concert en janvier 1973 et s’éteint le 3 février 1975. Ses funérailles sont nationales et soulèvent une ferveur impressionnante avec près de 5 millions de personnes qui accompagnent le cercueil à travers les rues du Caire.

Oum Kalthoum lègue à la musique arabe traditionnelle un répertoire de plusieurs centaines de chansons, dont certaines sont connues dans le monde entier : Anta Oumri, Al Atlal ou encore Fakarouni. Avec elle, en effet, la musique arabe classique à su conquérir l’une des plus grandes scènes mondiales, l’Olympia de Paris et c’est sans doute ce qui fait encore aujourd’hui du Rossignol d’Egypte une référence culturelle partagée par toutes les générations.

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